Moore's Law and The Future of [Technology] Economy

Why and how innovation should become mainstream economic impetus

Tag: Infrastructure

Le calculateur, du tube au transistor au circuit intégré

Deux histoires sont à écrire pour suivre les développements de la loi de Moore, une pour chacun de ses versants. Nous entreprenons ici celle du premier versant : mettre de plus en plus de transistors sur une même surface de silicium.

Histoire technologique de la loi de Moore

L’histoire dite « technologique[1] », c’est-à-dire celle du premier versant, est à ce jour une histoire de physiciens du solide, de chimistes, d’opticiens pour le volet scientifique, et une formidable histoire d’ingénierie et pour la mise en place de la production. Il a fallu passer par un nombre considérable de résolutions de problèmes pour arriver aux tailles de miniaturisation de transistors d’aujourd’hui, autour de 28 nm[2]. Ces progrès ont été obtenus grâce à des financements de plus en plus importants d’équipes de R&D massives et concentrées. En outre, les moyens de production, machines et usines, ont suivi cette course, avec là aussi une tendance au gigantisme. Lire la suite »

La loi de Moore dans les Technologies de l’Information: structure et dynamique

La loi de Moore est ainsi appelée en référence à Gordon Moore, qui fut un des fondateurs d’Intel, et qui a publié en 1965 dans Electronics Magazine un papier resté fameux.  Celui-ci décrit et appelle à une organisation innovante des cycles d’innovation de l’industrie électronique en expansion.

Aujourd’hui, l’énoncé le plus connu de la loi de Moore est que le nombre de transistors par unité de surface sur les circuits électroniques à base de silicium double tous les 18 mois à coût constant. Comme la puissance de calcul brute ainsi disponible est liée à ce nombre de transistors, on considère aussi que la puissance de calcul disponible par dollar double tous les 18 mois. Ou, de façon duale, qu’une même puissance de calcul voit son coût divisé par deux tous les 18 mois. La nature exponentielle de ce processus cause un effondrement des prix ainsi qu’une augmentation massive de la puissance de calcul disponible.

C’est cette « loi » qui a donné naissance à la formidable expansion des technologies de l’information et de leurs applications dans tous les domaines de la vie. Le terme de « loi » est approprié au sentiment que cette expansion est « naturelle », que les progrès nous y sont « dus ». Il est ainsi devenu de sens commun que les composants électroniques baissent de prix et que les services deviennent gratuits, que l’on peut accéder à l’ensemble de l’information ou de la connaissance d’un coup de clic, ou à un inconnu à l’autre bout du monde vite devenu un ami, alors qu’on n’a jamais vu son voisin. Cela est particulièrement en contraste si l’on s’y arrête un instant avec cet autre sentiment commun aux sociétés développées de blocage voire de régression dans beaucoup d’autres aspects de la vie.

Pour autant, de loi naturelle il n’y a point, il s’agit d’un complexe technico financier d’un type nouveau, qu’il convient d’analyser en détail. Lire la suite »